25 novembre 2008
Skate et cinéma
J'ai retrouvé le texte ci-dessous dans mes archives de mails, il date de 2004. A cette galerie de portraits il faut rajouter Gus Van Sant et son fantastique Paranoïd park (sorti en 2006) dont l'univers est proche de Larry Clark.
De Jason Lee à Spike Jonze, en passant par Larry Clark, le skate parle au cinéma. Portraits de trois hommes qui ont fait fusionner le skate avec le septième art.
Jason Lee est une légende du skate californien du début des années quatre vingt dix. Tout comme Mike Carroll quelques années plus tard, il a inspiré le respect de toute une génération de skaters grâce à un style smooth et puissant et des tricks parfaitement exécutés : gros ollies, long manuals, 3.6 flip enroulés... Protagoniste de la Vidéo Days, célèbre vidéo Blind où il se partage la vedette avec Rudy Johnson, Guy Mariano et Mark Gonzales il s’illustre par la suite devant le grand public dans un clip du groupe Sonic Youth réalisé par Spike Jonze (100%). Motivé par l’esprit de création à l’œuvre dans l’industrie du skate de cette époque, il crée la marque Stereo, en collaboration avec Chris « Dune » Pastras. Le « Stereo sound » sonne juste : Carl Shipman (le Jason Lee britannique), Mike Daher et Greg Hunt sont quelques uns des riders d’une marque qui se veut stylée, considérant le skate comme un art au même titre que la musique. En 1995 Lee veut associer au son l’image et décide de se lancer dans une carrière d’acteur. Agé de vingt cinq ans il débute sa carrière cinématographique dans Les glandeurs de Kevin Smith. Ce film est le début d’une longue collaboration avec Smith car ce dernier fait jouer le skater, de plus en plus acteur, dans ses trois films suivants : Méprise multiple en 1997, Dogma en 1999 et Jay and silent Bob strike back en 2001. En 1998 Lee joue dans une grosse production américaine, Ennemi d’Etat de Tony Scott, et dans une production française, Cuisine américaine de Jean-Yves Pitoun, en compagnie de notre international « Monsieur Eddy » (Eddy Michell, le crooner de nos papas). En 2000 la carrière de Jason Lee prend un virage décisif grâce à sa prestation de chanteur rock dans Presque célèbre, film semi autobiographique de Cameron Crowe. A partir de ce moment la qualité de Lee en tant qu’acteur est reconnue. Il doit sa notoriété entre autres à son attitude de jeune homme à l’aise dans ses baskets, représentatif d’une Amérique middle class qui bon en mal en se porte pas trop mal.
Il n’en est pas de même pour Larry Clark, cinéaste né en 1943, célèbrant dans son film Kids une adolescence américaine qui ne va pas forcément toujours bien. Dans un état d’esprit du même acabit que les photographies d’Ed Templeton ou le livre Dysfonctional d’Aaron Rose, Larry Clark décide d’explorer le côté bohème, un brin anarchiste du skate. Réalisé en 1995 Kids a fait sensation aux festivals de Sundance et de Cannes. Censuré aux Etats-Unis ce film a toutefois remporté un succès à la fois critique et commercial. Il met en scène une bande de jeunes skaters (dont certains véritables skaters comme Jeff Pang et Harold Hunter pour ne citer que les plus connus) déambulant pendant une journée dans les rues de New York. Ce film a choqué beaucoup de monde car il présente des adolescents livrés à eux-mêmes, sans repères familiaux, qui se prêtent à des expériences suicidaires. C’est cependant un film qui s’adresse à un large public car il s’agit d’un fait de société international. A noter : à un moment du film, les skaters regardent une vidéo, il s’agit de la part de Mark Gonzales dans la Video Days… En 2002, à la suite de Another day in paradise et Bully, Larry Clark récidive dans le monde du skate avec son film Ken Park. Il s’agit toujours de skaters mais cette fois l’action se déroule sur la côte Ouest des Etats-Unis. Le film débute par le ride d’un jeune skater, dénommé Ken Park, quelque part dans une banlieue californienne. Tout comme Kids, Ken Park n’est pas un film foncièrement déprimant, malgré quelques passages difficiles. Il illustre une seconde fois cette adolescence qui découvre tant bien que mal le monde des adultes par ses propres moyens. La « morale » de ce film, si morale il y a (le film n’étant pas moralisateur) consiste à dire que le skate est bien entendu un jeu, mais qu’il est aussi générateur de valeurs (l’amitié et la persévérance étant les deux principales valeurs mises en avant dans le film) qui échappent aux esprits étroits de certaines personnes se disant adultes. En bref Ken Park, plus encore que son prédécesseur Kids, est une apologie du skate adressée au grand public. Cependant certaines scènes, notamment les divers passages consacrés aux expériences sexuelles des adolescents, restent peut-être trop choquantes pour un public qui peut faire facilement des amalgames.
Spike Jonze n’est plus à présenter, pour les habitués du site internet Crail Tap (Girl, Chocolate, Four Star…) c’est un membre à part entière de la Girl-Chocolate family, au même titre qu’Eric Koston, Marc Johnson ou Jeremie Rogers. C’est que Jonze est depuis longtemps fortement impliqué dans le monde du skate, c’est lui qui a réalisé la plupart des films Girl et Chocolate, notamment les clips entre les parts des pros : souvenez-vous du mémorable Keenan Milton en Tom Pouce ou Koston en Charly Chaplin dans les vidéos Girl ! Il lui arrive aussi de skater, on le voit en action dans la dernière vidéo Chocolate, The hot Chocolate tour. En 1999, après s’être forgé une excellente renommé dans le vidéoclip (Björk, Daft Punk, « Sabotage » des Beastie Boys…), le court métrage et la publicité, Jonze réalise son premier long métrage, Dans la peau de John Malkovitch. Avec ce film où il laisse libre court à son imaginaire délirant, il crée une sorte de mélange cinématographique d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll (la tombée dans un trou vers un autre monde) et du Voyage fantastique d’Isaac Asimov (être dans le corps et l’esprit d’un autre humain). S’il s’inspire du skate c’est dans un état d’esprit totalement différent de Larry Clark. L’aspect ludique et créatif du skate est en effet mis en avant au détriment du côté autodestructeur. Tout comme Clark, le skate est pour lui une culture contemporaine à laquelle il s’identifie mais c’est avant tout une activité qui permet de rentrer dans un univers, une sorte de quatrième dimension : souvenez-vous de Rick Howard dans la Golden fish, qui perds sa board dans le métro et qui du coup découvre un superbe skate park… Spike Jonze revient par là à ce qu’est le skate avant tout : une petite planche en bois avec des roulettes, qui permet de s’amuser quand on va dessus et de s’évader du quotidien d’un monsieur tout le monde.
16 novembre 2008
Rick Howard, Golden fish
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10 novembre 2008
20 ans plus tard
En 2009 ça fera 20 ans que je skate.
L'heure n'est pas au bilan médical... Je n'ai eu que trois entorses (deux à la cheville gauche et une au poignet). Ni au bilan du type comparaison du positif et du négatif (il y a c'est sûr plus de positif que de négatif) mais je peux me poser cette question: pourquoi le skateboard ? Et pourquoi pas la planche à voile ou le ping-pong ?
Probablement parce que je n'ai jamais aimé les sports collectifs comme le football. Adolescent je trouvais ça grégaire et très individualiste dans le mauvais sens du terme. Et surtout je ne trouvais pas ça amusant de courir après une ball en aboyant comme un chien.
J'ai essayé des sports individuels, qui se pratiquent à plusieurs : judo, tennis. C'était mieux mais je détestais les compétitions de la fin d'année. J'aurai pu faire des sports nautiques, habitant une cité balnéaire, mais ça nécessitait une inscription dans un club, des horaires rigides et tout un équipement...
Puis, un jour, par hasard, j'ai posé mes pied sur un objet à roulettes, apparenté à un skateboard. C'était drôle de rouler comme ça sur le trottoir juste en bas de chez moi. Ce bout de bois m'a permis de me faire des amis avec qui je partageais une passion, à un âge où beaucoup font des conneries ou s'ennuient. Depuis j'ai vieilli mais le skate, lui, est resté jeune.
Un de mes premiers ollies (Dinard, juillet 1989)











